Une politique culturelle ignorante du legs de l’Histoire locale

Parmi les compétences optionnelles qu’elle devait choisir, la communauté d’agglomération ex CAD, devenue Douaisis-Agglo, a retenu la « construction, aménagement, entretien et gestion d’équipements culturels d’intérêt communautaire ». A première vue, on pense naturellement à l’Hippodrome – Scène Nationale, le Théâtre de Douai, l’un des plus beaux théâtres à l’italienne de France, le Conservatoire à Rayonnement Régional, dont sortent d’immenses musiciens tels que Georges Prêtre ou Henri Dutilleux et qui, aujourd’hui encore, obtient par l’intermédiaire de ses élèves, les prix les plus prestigieux en France et à l’étranger…

Sont-ils aux premiers rangs des « équipements culturels d’intérêt communautaire ? Non, pour la communauté d’Agglomération, ces organismes ne présentent pas d’intérêt communautaire. A vrai dire il semble parfois pour celle-ci que rien dans la ville de Douai n’ait d’intérêt communautaire, sauf ses boulevards qui permettent d’éviter le centre-ville afin de  rejoindre au plus vite son travail dans les autres agglomérations ou les zones commerciales périphériques.

Mais alors quels sont donc les équipements qui méritent la qualification « d’équipement culturel d’intérêt communautaire ? » Uniquement ceux créés sous l’autorité de l’actuel président de l’agglomération, à savoir Arkéos, musée d’archéologie, ou Legendoria, espace situé à Roost Warendin et consacré aux contes et légendes.

L’extraordinaire vivier culturel douaisien reste à la charge de la ville de Douai, certes aidée par d’autres collectivités en charge de culture (Arras, Région), à l’exclusion de Douaisis Agglo.

La ville centre consacre quelque 14% de son budget de fonctionnement à la culture, c’est énorme et tout à son honneur. Elle assure donc à ses frais et pour l’essentiel le rayonnement culturel du Douaisis.

Mais pour qui connaît les besoins de la population douaisienne, comment peut-on accepter plus longtemps que l’Agglomération, dont tous les habitants sont les grands bénéficiaires des équipements douaisiens, ne participe pas plus activement avec la ville centre à ce rayonnement culturel !

La Ville centre pourrait ainsi consacrer plus de moyens à l’animation, la redynamisation et l’attractivité, la sécurité, la propreté urbaine, l’aide sociale…

Comme c’est le cas dans bien d’autres domaines, ce sujet constitue une anomalie qui ne contribue pas à la popularité de « Douaisis-Agglo ». Une popularité que le changement de nom et de logo ne suffira probablement pas à susciter… 

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